Le sol violette une monnaie complémentaire économique et sociale? Quelle définition en donner?

Partons de la définition d'une monnaie selon wikipédia : «un instrument de paiement spécialisé accepté de façon générale par les membres d'une communauté en règlement d'un achat, d'une prestation ou d'une dette».

 La monnaie officielle que nous utilisons au quotidien n'a pas d'objectif a proprement parler, elle est juste là pour remplir les trois fonctions définies à l'époque par Aristote :

 

  • Intermédiaires des échanges

  • Réserve de valeur

  • Unité de compte


Il en est tout autrement pour les monnaies complémentaires qui sont créées pour répondre à des objectifs ou des situations particulières, de ce fait leur fonction est déjà plus ciblé.


En général, les monnaies complémentaires répondent à plusieurs objectifs simultanément qui sont reliés entre eux.

 

Par exemple, il peut y avoir un objectif économique précis qui est de développer l'économie locale en favorisant les groupes de producteurs locaux mais il y a également un objectif social sous-jacent qui est de créer du lien entre les producteurs locaux et la population qui va consommer ces produits, via une sensibilisation à la consommation responsable.

 

De ce fait les monnaies complémentaires sont souvent considérées comme des monnaies dites sociales.

 

Cependant, il peut y avoir des différences dans le niveau social des monnaies : par exemple, le Wir suisse  a été conçu à la base pour favoriser les échanges inter-entreprises dans des cas de crise, même si aujourd'hui la banque Wir accorde des prêts avantageux et favorise aussi le développement des PME. De cette manière, elle peut être considérée comme sociale, on ne retrouve cependant pas d'objectif global d'équité comme il peut y en avoir avec le Sol-Violette, qui, grâce à la circulation de sa monnaie contribue directement à l'aide de personnes en difficultés financières.

 

Il est donc difficile d'apporter dans la définition une différence précise entre monnaies complémentaires à aspect économique et monnaies sociales. La nuance se fait dans la pertinence de ce qu'elles développent : une monnaie plus sociale favorisera d'avantage les liens crées entre les acteurs plutôt que la multiplication d'échanges économiques, même si les deux sont souvent liés.


Ces monnaies complémentaires ont des aspects économiques car elles peuvent permettre de développer certains secteurs de l'économie (économie environnementale), un certain type d'entreprise (les PME), le territoire local, en captant de la monnaie destinée aux marchés financiers (réintégration de mécanisme monétaire) ou encore de rééquilibrer la distribution de la monnaie entre des producteurs et des multinationales.

Elles sont aussi sociales car elles peuvent permettre de créer du lien entre les acteurs du réseau, favoriser des principes d'équité financière, améliorer la confiance et l'entraide des acteurs et contribuer à l'amélioration du bien-être.

Une chose que toutes les monnaies complémentaires ont en commun est qu'il est nécessaire que des citoyens s'investissent dans le projet pour le diffuser. Sans implication de leur part, il ne peut pas y avoir de durabilité. En cela, ce sont aussi des monnaies sociales, voire des monnaies citoyennes.

Les monnaies complémentaires se développent un peu partout dans le monde depuis de nombreuses années. Parmi ces monnaies nous en présenterons 4 qui sont autant d'exemples ayant eu un fort succès.